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Vase grec à roulettes, Manufacture de Sèvres

acquisition des Amis d'Orsay et de l'Orangerie

Manufacture de Sèvres, Vase grec à roulettes

Dessiné par Jules Diéterle (1811-1889), ce vase s’inscrit dans un groupe de formes néo-grecques, ici “imitée de l’étrusque”, élaborées par la Manufacture de Sèvres dans les années 1848-1849 sous l’administration de Jacques-Joseph Ebelmen (1814-1852).
Juché sur un pied campaniforme étiré, ce modèle de vase à panse bulbeuse et embouchure évasée pourvu de quatre anses offre une analogie formelle avec l’une des deux nestorides apuliennes de la collection Denon). 

Produites à partir du deuxième quart du IVe siècle, les nestorides apuliennes présentent le plus souvent une panse “en forme de sac” (comme c’est ici le cas) et s’ornent fréquemment de scènes relatant la rencontre rituelle d’un homme et d’une femme. 
Le talent de Dieterle est d’avoir su adapter les vibrations artisanales et rustiques de la forme antique originelle pour la rendre plus sophistiquée dans une perfection des lignes et du dessin, caractéristiques des productions de la manufacture de Sèvres. 
Interprétation cultivée et mode au goût du jour ont donc contribué à l’élaboration d’une série de ces vases coulés à Sèvres dès 1848. 

Le fond gris bleu est décoré de deux scènes à l’antique illustrant l’enlèvement de Déjanire par le centaure Nessus en décor pâte sur pâte à la manière des camées. 
Le décor n’est pas ici cantonné aux limites imposées par un tableau, les figures sont projetées dans l’apesanteur d’un espace sans autre limite que la forme du vase. Cette mise en page très libre du décor confère une puissance décorative à cette pièce. 
Ce thème des centaures était particulièrement adapté à ce vase vendu à Amable Amédé, Comte de Beaumont, président du club Hippique de Pau ville dans laquelle il résidait. 

Ce vase grec à roulettes fait écho au monumental vase d’Hercule de Lameire de 1878, conservé au musée d’Orsay, qui recourt au même décor pâte sur pâte exécuté par Albert Dammouse, à la manière d’un camée. L’artiste utilise la même liberté de composition pour évoquer une antiquité rêvée désormais assimilable avec la modernité de la république.

 

Photo: © Musée d’Orsay, dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt