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Enoch, Edward Burne-Jones,1874

Enoch, Edward Burne-Jones, 1874

Edward Burne-Jones (1833-1898) 

pour MORRIS & Co,

Panneau de vitrail représentant le prophète Enoch,

dessiné en 1879 et réalisé en 1909 pour le Cheadle Royal Hospital,

H. 128,5 cm x L. 50cm

 

Provenance : 

Enlevé de la chapelle en 2000.

Haslam and Whiteway, Londres, 2008.

Collection particulière américaine.

 

Morris & Co

 

La firme Morris & Co fut fondée en 1861 à l’initiative de William Morris, fondateur du mouvement des Arts & Crafts en Angleterre et proche des peintres pré-raphaélites, dont Edward Burne-Jones.

Morris & Co travaillaient régulièrement pour le décor et le mobilier des églises, ce fut ici le cas pour la chapelle du Cheadle Royal Hospital de Manchester, décorée entre 1906 et 1915. Les vitraux furent conçus à partir de dessins plus anciens d’E. Burne-Jones, réalisés entre 1874 et 1876[1].

 

[1] Le dessin pour Enoch est conservé à la Huntington Library, San Marino en Californie, sous le n° BJ 143

 

Enoch

 

Enoch est un patriarche biblique dont le livre de la Genèse nous apprend qu’il fut enlevé au ciel par Dieu pour prendre place à ses côtés. La tradition chrétienne considère que la monté d’Enoch au ciel, comme celle d’Elie, préfigurent l’ascension du Christ. Enoch est cité dans l’épître aux Hébreux (Hébreux 11-5) : « c’est par la foi qu’Enoch fut enlevé sans qu’il eût subi la mort : on ne le trouva plus, parce que Dieu l’avait enlevé ». Il s’agit d’une iconographie rare, qu’on peut expliquer ici par la proximité avec la figure de Noé, dont Enoch est réputé être le grand-père, et le système de correspondances avec les parties du décor évoquant le Nouveau Testament.

 

Le même dessin de Burne-Jones fut utilisé pour deux autres vitraux mis en place par Morris & Co : pour la cathédrale de Calcutta et pour la Saint Martin Church de Sloane Street à Chelsea (voir ci-contre).

 

 

L’œuvre de Burne-Jones

 

La composition mise en place par Burne-Jones met en valeur l’imposante silhouette du patriarche et propose une solution plastique à son enlèvement par Dieu. On voit en effet les mains d’Enoch et du Très-Haut se rejoindre dans le coin supérieur droit de la composition ; ce geste témoigne à la fois de la proximité d’Enoch avec Dieu au cours de sa vie terrestre et de la volonté divine de retirer Enoch du monde profane pour l’amener près de lui. Le visage d’Enoch comme sa morphologie correspondent au goût de Burne-Jones pour les figures de la Renaissance italienne. La mise en œuvre de son dessin par le praticien George Titcomb rappelle le style des vitraux dessinés par Morris. On y voit une recherche de profondeur de tons (bleus, rouges, verts) rivalisant avec les verriers médiévaux mais également une volonté plus contemporaine de laisser la lumière pénétrer dans l’édifice par un fond plus clair. Ce fond, formé de losanges réguliers et décorés de motifs floraux peints évoquant les mille fiori, apporte une dimension décorative au vitrail.

 

Ce magnifique vitrail a donc rejoint le musée d’Orsay grâce à la générosité de la SAMO qui soutient depuis quarante ans l’enrichissement de ses collections.

 

Notice réalisée par Elise Dubreuil, conservatrice au Musée d’Orsay

Edward BURNE-JONES, Enoch, 1874, 15.9 x 5.7 cm ©The Huntington LibraryArtMuseumandBotanicalGardens